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 Obésité, excédent de poids et surcharge pondérale

 

Maladie ou traumatisme ? L’obésité, selon les médecins, trouve son explication dans un trouble psychologique, un comportement alimentaire anarchique ou encore, s’épanouir dans un corps porteur d’un gène. Quelles que soient les raisons, un poids excessif a toujours mille et une justifications. Trois spécialistes se sont réunis pour vous aider à y voir plus clair. Précieux tour d’horizon.

A partir de quand l’obésité ?

On parle de l’obésité lorsque le poids de l’individu est supérieur de plus de 20% à son poids maximal, calculé en fonction de sa taille. Pour l’obésité, on distingue différents niveaux :

  Léger, lorsque l’excès de poids est compris entre 21 et 40%

  Moyen, s’il se situe entre 41 et 100%

  Elevé, s’il dépasse les 100%

L’obésité touche plus les femmes que les hommes. Elle est essentiellement liée à de mauvaises habitudes alimentaires et, dans une moindre mesure, à des pathologies génétiques. Les études sur l’obésité ont montré que lorsque les parents sont tous les deux obèses, les enfants le deviennent dans 80% des cas. Si l’un des deux parents seulement l’est, le pourcentage descend à 40%. Enfin, si les parents ne le sont pas, le pourcentage est minime.
L’hypothèse de l’origine génétique de l’obésité a été confirmée par une étude effectuée sur plusieurs cas de jumeaux monozygotes qui ayant vécu séparément et reçu une éducation alimentaire différente, sont cependant devenus tous les deux obèses.

Comprendre la surcharge pondérale

Certes, il y a celles qui mangent trop et qui, par conséquent grossissent. Quelques unes parmi les autres, elles, nous assurent que seuls des orages génétiques ont perturbé la courbe de leur poid. Mais que dire de toutes les femmes qui s’abtiennent, se privent et s’arrondissent quand même. Nous avons posé nos questions au docteur Jamel, endocrinologue.

Quels sont les facteurs déterminants de la prise de poids ?

Dans la vie d’une femme, il existe des périodes charnières où les modifications normales ont une incidence majeure sur le poids. Une femme sur deux grossit après un accouchement et près d’une sur deux lorsque la ménopause se produit. Les cycles menstruels exercent eux mêmes une influence sur le poids et l’appétit. Dans la seconde période de leur cycle, beaucoup de femmes avouent avoir davantage faim. Ces fringales peuvent durer les quinze jours précédant les règles. Celles qui sont dans ce cas, se jettent alors sur tout ce qui se présente : gâteaux aussi riches en graisse qu’en sucre, chocolat, jus, etc. Bref, elles accumulent des kilos qu’elles auront ensuite bien du mal à perdre.

Si tout dérèglement hormonal fait grossir, les hormones prescrites avec la pilule ou à la ménopause, exercent elles la même action ?

En réalité, il existe deux sortes de prise de poids. L’une correspond à un réel excès de graisse, lequel peut être lié à un progestatif mal dosé accentuant les fringales. L’autre concerne celle qui, sous l’effet des oestrogènes cette fois, est essentiellement due à la rétention d’eau et à la mauvaise circulation veineuse. C’est ce qui se produit lors du syndrome prémenstruel.
On peut généralement très bien grossir de deux kilos d’un coup ou presque sous l’effet d’un pic d’oestrogènes mal contrebalancé par la progestérone. La perméabilité capillaire s’altère peu à peu et l’albumine, qui circule normalement, permet de maintenir l’eau dans les vaisseaux. Des troubles lymphatiques sont associés à ces phénomènes d’oedèmes que l’on observe très bien cliniquement.
Il faut aussi expliquer comment se déclenche une fringale et la façon dont elle facilite l’accumulation des kilos. Vous savez que l’insuline est l’hormone responsable de l’entrée du sucre dans les cellules. Chaque fois que vous consommez du sucre, l’organisme le stocke par l’intermédiaire de l’insuline sécrétée. Or le déséquilibre hormonal s’accompagne d’une augmentation d’insuline. Ce qui veut dire qu’il faut alors davantage d’insuline afin que les cel¬lules répondent, et en fin de course, vous avez stocké davantage de sucre.

L’hérédité joue-t-elle un rôle ?

Cela compte de connaître le profil et le comportement dune mère ou d’une soeur. Si on a pris du poids durant une première grossesse et qu’il n’a pas été reperdu, la vigilance s’impose. Devant tout événement hormonal qui fait grossir de plus de quatre, voire de six kilos, il faut s’efforcer de revenir à la case départ.
Cela dit, pour l’obésité, la prédisposition existe. Avec deux parents obèses, on possède deux chances sur trois de le devenir. Il faut dans ce cas consulter un médecin pour prendre conseil car cette prédisposition se contrôle parfaitement.

Comment l’Endocrinologue soigne-t-il les kilos En trop ?

La solution passe d’abord par un bilan de santé général. Excepté les cas de pathologies lourdes associées à l’obésité (voir encadré Surpoids : attention danger !). Il ne sert à rien d’aliter une personne et de l’éloigner de son cadre de vie habituel. Des diètes strictes, en effet, peuvent suffire pour 4 maigrir. C’est pourquoi les traitements actuels s’intéressent au comportement. On fait noter au patient tout ce qu’il mange, les moments où il craque. Ce carnet de bord lui permet de prendre conscience de ce qui ne va pas dans son alimentation et ainsi, de réajuster les apports alimentaires. Bien entendu, le problème n’esl exclusivement d’ordre alimentaire. Ce qui importe, ce n’est pas de calculer ses calories, mais bien de reprendre le contrôle de sa nourriture.
« Pourquoi est ce que je place la nourriture au centre de mes préoccupations à chaque fois que je suis fatiguée ou déprimée ? », est une bonne question à se poser lorsqu’on veut mincir. C’est pour cela d’ailleurs que nous travaillons parfois, nous autres endocrinologues, en collaboration avec des psychiatres.

Apprendre à mieux se nourrir

Mieux faire connaître les troubles du comportement alimentaire, c’est la vocation du docteur Ahmed Farid Mérini, psychothérapeute, qui aide ses patientes à surmonter leur problème de poids grâce à une structure spécialisée où collaborent endocrinologue, psychologue et nutritionniste.

A partir de quand, différencier boulimie et gourmandise ?

L’une et l’autre n’ont rien à voir ensemble. La boulimie, c’est le symptôme de quelqu’un qui n’éprouve ni gourmandise ni plaisir, mais utilise la nourriture comme une drogue. En général, cette personne est stressée, mal dans sa peau, et ne se sent mieux que lorsqu’elle mange. Une personne boulimique se reconnaît surtout à son discours : elle se dit moche, nulle, etc., toujours des jugements négatifs.

C’est quoi au juste une crise de boulimie ?

C’est manger énormément,puis éventuellement, se faire vomir. Certains boulimiques le font mais pas tous. C’est également avaler dans tous les sens, dans le désordre. C’est aussi, avant la crise elle même, une sensation de stress, une perturbation qui crée une compulsion incompréhensible et incontrôlable.

Comment y remédier ?

Sûrement pas avec des médicaments ! Les boulimiques mettent du temps pour prendre conscience de leur état, l’admettre et accepter de consulter un médecin. Psychologues, psychiatres et nutritionnistes tentent de répondre du mieux possible à leurs appels souvent désespérés en incitant ces personnes à se retrouver en harmonie avec elles mêmes.
Manger mieux, ne pas sauter de repas et renoncer à l’image du corps idéal, sont les bases d’un traitement efficace qui peut durer des mois et se compléter d’une prise en charge thérapeutique afin de découvrir l’origine et le pourquoi des crises.
Malgré ces traitements, qui aident à la remise à plat de ses rapports envers la nourriture, de tels comportements alimentaires et psychologiques peuvent perdurer des années encore, avec de spectaculaires bonds en avant suivis de graves retombées dépressives.
Chose sûre : une personne boulimique qui se reconnaît en tant que telle et qui éprouve l’envie de se soigner, a déjà parcouru la moitié du chemin.

Pourquoi on grossit ?

C’est vrai ça, pourquoi certaines personnes grossissent elles bien que possédant un appétit d’oiseau, tandis que d’autres ne bougent absolument pas d’un poil sur la balance, et pourtant, mangent énormément ? Explications.

Chacun de nous possède son propre métabolisme basal, c’est à dire un quota d’énergie nécessaire au fonctionnement de son corps en situation de repos, pour permettre la respiration et les pulsations cardiaques, maintenir la température corporelle, etc.
Ce métabolisme dépend du sexe (les hommes brûlent plus d’énergie que les femmes), de l’âge (plus on vieillit, moins on consomme d’énergie), de facteurs héréditaires (défauts de fonctionnement de certaines hormones) et enfin, de la "masse maigre" du sujet, c’est à dire de sa quantité de muscles (plus il a de muscles, plus son métabolisme est élevé et plus il consomme d’énergie).

Le sport, bon pour le régime

L’activité physique est recommandée dans la plupart des régimes : elle améliore la circula¬tion du sang, favorise le drainage des toxines, augmente la consommation d’énergie et contribue ainsi à réduire le stock de calories emmagasinées. Plus on possède de masse musculaire, plus on consomme d’énergie en se mouvant.
Cependant, nous avons en nous un patrimoine fixe d’adipocytes (cellules qui stockent les graisses et les sucres). La puberté passée, ils n’augmentent normalement plus en nombre, mais seulement en volume. Le régime que l’on entreprend pour maigrir détruit les enzymes qui retiennent les graisses à l’intérieur des adipocytes, mais pas les adipocytes eux mêmes. En fait, cela ne fait que les vider de leur contenu.

L’horreur du vide

Or les adipocytes ont horreur du vide l Ainsi se rempliront ils au moindre écart de condui¬te alimentaire et cela d’autant plus vite et facilement, qu’ils ont été auparavant vidés. C’est le phénomène bien connu des régimes yo yo.
De plus, lorsque la prise de poids est très conséquente (supérieure à 15 kg), le développement des adipocytes est si important que ceux ci finissent par se démultiplier (hyperplasie). Aucun régime ne parvient alors à détruire ces cellules en surnombre.
L’hyperplasie est dans ce cas irréversible. Voilà pourquoi certaines personnes, tout en mangeant peu, n’arrivent pas malgré tout à maigrir et parfois même, grossissent.
Si on peut difficilement intervenir sur les facteurs biologiques, on peut en revanche changer les mauvaises habitudes d’hygiène de vie, responsables de la plupart des processus de prise de poids.

 

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