Broderie suisse
C’est ainsi qu’on nomme un genre de broderie au plumetis associé à des jours. La moindre petite robe d’été, une fraîche m robe de fillette, une chemise de nuit délicate, voire un tablier d’hôtesse, prendront un relief et une étonnante personnalité, grâce à un peu de broderie suisse. Car il vaut mieux en prévoir très peu mais l’exécuter parfaitement.
On obtient des effets tout à fait ravis m sants en brodant ton sur ton. Et en lingerie, le blanc fait merveille. Cependant, si vous désirez une touche insolite, vous pouvez très bien trancher d’un ton vif sur une toile blanche.
Exécution
On dessine tout d’abord le motif désiré. Si vous faites une fleur (comme notre exemple), n’oubliez pas la branche, les feuilles et les boutons. Cela évite la monotonie et permet d’obtenir des effets divers dans le même contexte. Le motif parfaitement dessiné, occupez vous tout d’abord des jours, c’est à dire le cour de toutes les fleurs et fleurettes, ainsi que des boutons. Il faut couper avec le plus grand soin en nombre égal dans les deux sens de l’étoffe, soit 2 et 2 fils avec 2 fils d’intervalle, soit 3, 3 et 3 fils. Les fils sont coupés de quelques millimètres seulement et doivent réserver des bords parfaitement nets et intacts. Le nombre de fils à couper dépend de la dimension finale du jour qu’on désire obtenir. La seule règle à observer est de laisser subsister autant de fils qu’on en enlève.
Le jour le plus simple et gracieux, proposé pour ces cours floraux, est celui dit « grille de prison ». Après coupage des fils, le motif ressemble à du filet. Les fils restants sont surfilés en rangs obliques, de manière à former des sortes de baguettes rondes. Les points de croisement sont surfilés obliquement. Les bords des fils coupés doivent être soigneusement et solidement surfilés. Les jours sont cerclés ensuite au point de cordonnet droit et serré.
Après les jours, on s’occupe des oeillets. Avec de petits ciseaux très pointus, on essaie d’enlever l’intérieur du tissu du futur oeillet. Mais attention à ne pas déborder ! Ensuite, il est cerclé de points surfilés très serrés. L’achèvement a lieu avec le fil définitif, au point de cordonnet très serré également.
Ces préliminaires achevés, on s’attaque au plumetis, c’est à dire aux motifs rembourrés tels que feuilles et pétales. Le rembourrage s’obtient grâce à des points plats ou lancés qui doivent couvrir l’intérieur des motifs mais sans coller trop aux bords. Puis le rembourrage est couvert de points droits ou obliques, si près les uns des autres qu’il ne subsiste rien de visible des points de rembourrage. Les tiges sont brodées au point de cordonnet oblique.
Bordure au plumetis et au point de sable
Voici une variante de ce qu’on peut faire en broderie suisse en unissant des jours, des oeillets, du plumetis et du point de sable (point de piqûre parfaitement régulier).
Au centre de chaque motif on exécute un jour à grille circulaire, cerclé d’un cordonnet droit bien serré.
Tout autour de ces centres, des fleurettes au plumetis à points droits, à six pétales, avec des cours qui sont de minuscules oeillets. Des oeillets un rien plus grands sont répartis entre les fleurettes et par groupes décoratifs de quatre de part et d’autre de la torsion des branches.
Dans les branches, on trouve des fleurettes à cinq pétales. Cette différence rompt la monotonie que pourrait engendrer une bordure trop uniforme.
Les tiges sont brodées au point de cordonnet oblique et les feuilles, elles, du fait de leur petitesse, refusent le plumetis. On les contourne de cordonnet droit et les vides sont remplis de point de sable. Une bordure de ce genre peut faire un objet de prix d’un petit mouchoir en linon ou d’une très simple lingerie.
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