Ce qu’il faut
La tapisserie est un art consistant à broder entièrement une surface déterminée. Tout le monde peut y arriver, avec de la patience et beaucoup de soin.
Les métiers
Au départ, deux options sont possibles : travailler en liberté ou à l’aide’ d’un métier. Dans le premier cas, l’ouvrage se transporte plus aisément en déplacement, mais devra être remis en forme une fois achevé. Dans le cas d’un métier rectangulaire, le canevas est attaché avec des fils à un cadre de bois. Il existe aussi des métiers ronds sur lesquels les canevas sont tendus et serrés par une courroie ou une bande de bois. On les déconseille souvent car le cerclage risque de marquer et d’abîmer partiellement le canevas.
Les canevas
La base d’un travail de tapisserie s’appelle « canevas ». Il en existe deux sortes : le canevas uni (simplement formé de fils croisés) et le canevas façonné ou Pénélope, dont les fils sont réunis et croisés deux à deux. Lorsqu’on devient experte en cette branche, on reconnaît que tel ou tel point sera plus réussi avec l’un ou l’autre canevas. Ils peuvent avoir en outre des grosseurs de fils différentes. Il est évident qu’on ne travaille pas une grosse laine et un coton fin sur le même support. Lorsque la tapisserie est destinée à un tabouret, un fauteuil ou un quelconque mobilier, il faut veiller à utiliser des matériaux de haute solidité, susceptibles de supporter des fatigues et des nettoyages à sec.
Les aiguilles
Elles doivent être fortes, assez longues, à pointe émoussée. Le chas doit être spacieux afin que laine ou coton s’y déplacent sans s’érailler. En principe, on ne porte pas de dé pour faire de la tapisserie.
Les fils
La tapisserie couvre, par définition, toute la surface du travail. Fils et canevas doivent donc être toujours parfaitement assortis entre eux. Un fil trop mince pour un canevas tissé lâche laissera entrevoir des trous. Un fil trop gros pour son canevas donnera un travail boursouflé. Pour les ouvrages précieux, on utilise la soie, belle et chatoyante. Mais, malheureusement, elle n’est pas solide et la lumière et le temps notamment lui sont néfastes. La laine est un matériau de choix pour les tapis, mais aussi pour certaines tapisseries tableaux. Toutefois, le coton permet des jeux de couleur splendides. Il est d’une solidité à toute épreuve et, choisi dans les grandes marques, garantit un parfait entretien. Prévoyez un nombre d’écheveaux suffisant et notez les numéros de teinture. N’oubliez pas que ces teintures peuvent malheureusement varier d’un bain à l’autre s’il s’écoule un trop long moment entre deux achats. Pour travailler soigneusement, ayez toujours de petits ciseaux à broder.
Les motifs
En dehors des dessins tout prêts, on peut reporter soi même un dessin préalablement quadrillé, sur un canevas (« tapisserie à points comptés »). Il faut alors compter les fils du canevas du bout de l’aiguille pour que les couleurs coïncident exactement. Jalonner un canevas est indispensable pour un travail centré et régulier. On en faufile les bords. Puis on compte les fils du canevas et on sépare les milieux par des fils bien visibles. L’intersection devient
le centre. On ne retire les fils de bâti qu’après avoir dépassé une bonne moitié de tapisserie. Sur l’un des bords, on échantillonne les couleurs en les numérotant ; les numéros sont repris sur le dessin.
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