Ce qu’il faut
Laine, lin et coton
Il existe déjà en pure laine des fils fantaisie, torsés de manière particulière et présentant des « effets ». Il faut alors en tenir compte pour ne pas essuyer de surprises désagréables à la fin de l’ouvrage. Prenons l’exemple d’une laine bouclée. Si vous faites autre chose qu’un simple point de toile, vous serez peut être fort déçue, car la laine, décorative en elle même, ne fera pas ressortir le point espéré. En revanche, le jeu par la couleur reste là d’une grande actualité.
A la base, prenez l’habitude de choisir le motif, soit en tissant très simple et en prenant des fils « travaillés », soit en élaborant des dessins compliqués mais en tissant alors avec des fils unis. Bien entendu, tous les fils peuvent convenir au tissage, qu’ils soient en laine, lin ou coton, purs ou mélangés (laine et matières synthétiques, laine et fil de soie, laine et fil métallisé, etc.).
Pour les cotons, il n’y a pas de problèmes au départ, mais il faut tenir compte du rétrécissage possible à l’entretien, sauf si un traitement spécial a été appliqué. Si vous voulez tisser des tapis, il est conseillé de monter la chaîne dans un coton ou un jute solide, de tisser dans une matière identique, au point de toile, puis de passer des brins de laine (coupés préalablement à 6 ou 7 cm de longueur) par deux fils de la nappe supérieure des fils de chaîne (on pose le brin à cheval, on ramène les extrémités en dessous et on les fait sortir en avant entre les deux fils de chaîne, on tire vers soi en serrant et, au bout du rang, on actionne le balancier pour recommencer l’opération sur la nappe suivante). Le tapis est donc l’exemple type d’un métissage de matières.
Le retour à la nature, marqué fortement ces dernières années, fait qu’on apprécie de plus en plus les effets de laines brutes. On en trouve dans le commerce mais on peut également les filer soimême dans certains ateliers de tissage. Les effets obtenus sont parfois très beaux, mais ils ne supportent, eux aussi, que le point de toile. Ces laines présentent l’avantage de confectionner des vêtements supérieurement chauds.
Des matériaux inattendus
On peut presque se demander ce qui pourrait ne pas servir pour tisser ! On peut, par exemple, monter une chaîne en ficelle teinte (on en trouve des pelotes dans le commerce, dans des tons tout à fait inattendus, et la ficelle a le mérite, généralement, d’être solide). En gardant les fils de chaîne très lâches,
on peut passer entre les nappes de minces baguettes d’osier, de longues feuilles sèches, etc., alternant avec des fils d’aluminium ou de cuivre, d’autres ficelles de coloris contrastés, des laines brutes, etc., des plumes longues, effilées, des languettes de feutre, des branchettes complètes avec fleurs séchées et feuillage, ou de temps à autre un coquillage (on peut en ramasser déjà troués et il suffit de les passer par un fil ou une cordelette) préalablement peint ou verni. De même, on peut adjoindre des perles de terre ou de verre, quelques boutons dépareillés recouverts de fil ou pour lesquels on aura crocheté de petites housses.
A des fils de chaîne, on peut offrir des restes de passementerie, des reliefs de fourrure, des bouts de galons, voire des écorces d’arbres ou de fruits, des papillotes de cellophane, des rognures de buvard, quelques petits clous brillants. Comme pour tout travail créatif, la liste n’est pas limitative.
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