Les métiers
civilisation ni peuplade qui n’ait inventé son métier à tisser, à la fois rudimentaire et merveilleusement ingénieux. Chacun trouvait dans son imagination de quoi élaborer un métier afin de produire des étoffes. De ces temps lointains aux splendeurs aujourd’hui produites industriellement, que de chemin parcouru. Pourtant, depuis de longues années, on assiste à un indéniable regain de faveur pour le « fait main » et la personnalité que le tisserand imprime à tout ce qu’il fait.
Il n’est pas exagéré de dire qu’il existe des centaines de métiers. Dans le commerce, on trouve tous les métiers que l’on désire, simples ou très élaborés, très bon marché ou onéreux, minuscules (produisant des carrés de 15 cm de côté) ou gigantesques. Cependant, on pourrait conseiller l’essai sur un petit métier avant d’en choisir un très grand ; vos désirs et votre engouement se lasseront peut être de la monotonie qu’entraîne le lancement d’une navette de fil, mouvement de va et vient cent et cent fois répété !
Le principe du tissage
Le principe est toujours le même à la base : une chaîne et une trame, c’est àdire une nappe de fils, qu’un mécanisme permet de départager et de soulever en fils pairs et impairs, fils sur lesquels viennent se croiser d’autres fils, ceux de la trame, généralement enroulés sur de longues et minces navettes. La longueur de l’étoffe tissée sera toujours celle des fils de chaîne moins les bords. C’est la raison pour laquelte les métiers « de table » ont presque toujours une enrouleuse à un bout et une ensouple à l’autre bout du cadre, pièces mobiles que l’on détache, sur lesquelles on « ourdit » (mettre en place) des fils de chaîne aussi longs que l’on veut. L’ourdissage terminé, on enroule cette chaîne sur l’enrouleuse, qu’on replace dans le métier. Au fur et à mesure du tissage, le tissu terminé sera enroulé sur l’ensouple, tandis qu’on déroule l’enrouleuse pour amener une nouvelle longueur de chaîne. Les oeillets, encoches ou autres systèmes d’attache des fils de chaîne s’appellent « lices » ou « lisses ». Lorsque ces fils sont tendus verticalement, c’est un métier de haute lice ; tendus horizontalement, il s’agit de basse lice.
Suivant les métiers, les nappes de fil seront dédoublées par une tringle ou des contrepoids, ou même des cartes à jouer afin de pouvoir être mécaniquement départagées. Les fils de chaîne doivent être solides, car ils fournissent un important travail de traction. On ourdit une chaîne en partant du bas à gauche et on attache solidement le premier fil. Devenue très expérimentée, et dans le but d’épargner du matériau de base, on pourra tisser des pièces de la dimension presque exacte requise. Dans ces cas, la chaîne sera ourdie de manière aussi centrale que possible, pour d’évidentes raisons d’équilibre.
Prenez dès le départ une position correcte, confortablement assise, en vous appuyant contre le cadre du métier. Un peigne (ou une fourchette pour de minces galons) tassera le travail au fur et à mesure du passage d’une navette. Au début, il faut particulièrement veiller à ne pas trop tirer le fil afin d’obtenir de belles lisières sans étranglement central. On peut enrouler la navette deux fois aux lisières pour que le résultat soit aussi parfait que possible. Mais c’est finalement une grande habitude qui, seule, vous permettra de tisser aussi régulièrement (ou irrégulièrement, pour des effets spéciaux) que vous le souhaitez.
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