Le Dr McGully et l’histoire de l’homocystéine
Là est le paradoxe : chacun des décès attribués à l’augmentation du taux d’homocystéine aurait facilement pu être évité si l’on avait suggéré à ces personnes de prendre des suppléments d’acide folique en quantité suffisante. Pourquoi ne le leur a t on pas dit ? La réponse coule de source.
Les risques inhérents à l’homocystéine ont pour la première fois été portés â l’attention du public par le Dr Khmer McCully à la fin des années 60. Il ne s’est pas contenté de montrer leur incidence sur les crises cardiaques survenues pour cause de vaisseaux sanguins endommagés. Il a ajouté que ces risques pouvaient être réduits en prenant la dose appropriée de vitamines B, particulièrement de l’acide folique enrichi de B6 et de B12.
Évidemment, la recherche sérieuse de McCully avait son impact : si l’on prenait en considération cette cause majeure des crises cardiaques, on ne vendait plus d’huile de maïs, de céréales, de margarine, de médicaments. On aurait vendu des vitamines !
Les opposants entrèrent donc en action. McCully perdit son poste et vit son travail taxé d’insignifiance. Il fallut quinze ans au cours desquels un million d’Américains environ moururent de troubles vasculaires liés à l’homocystéine avant que de nombreux rapports ne confirment le bien fondé de l’étude de McCully et ne finissent même par découvrir que les taux d’homocystéine précédemment considérés comme normaux pouvaient tripler les risques de maladies cardiaques. On ne sait pas exactement comment l’homocystéine endommage vos artères, mais ses ravages ne font aucun doute.
Jetons un oeil sur deux études récentes qui montrent toute l’importance de veiller à ce que votre taux d’homocystéine reste faible. En 1997, un grand centre de tests européen a découvert que, parmi les hommes et les femmes âgés de moins de soixante ans, les risques de troubles coronariens et vasculaires étaient 2,2 fois plus élevés chez ceux dont les taux d’homocystéine montaient cinq fois plus que la normale, par rapport à ceux chez qui ils ne dépassaient pas les quatre cinquièmes. Indépendants d’autres facteurs, ces risques étaient notablement accrus chez les fumeurs et chez les personnes ayant une hypertension artérielle.
Un faible taux d’homocystéine peut même augmenter les risques de décès d’une façon générale. Et pas seulement pour cause de maladie cardiaque ! Au cours d’une étude très poussée portant sur deux mille citoyens des quartiers ouest de Jérusalem, on a pu vérifier que les risques de décès étaient aussi élevés chez les sujets dont le taux d’homocystéine était très haut que chez ceux où il était très bas.
Si l’on prenait une dose appropriée de multivitamines contenant suffisamment d’acide folique, on pourrait virtuellement éliminer les problèmes venant de l’homocystéine. Mais les organismes concernés n’ont pas encore dérogé de leur position selon laquelle les vitamines se trouvent dans ce que nous mangeons et qu’il est donc inutile d’en rajouter. Voici pour preuve ce qu’en dit officiellement aux États Unis l’Association du cour : « Bien que l’on ignore les avantages évidents que l’on retire à faire baisser le taux d’homocystéine, on devrait prescrire aux patients à haut risque un régime global qui leur garantirait une dose appropriée d’acide folique et de vitamines B6 et B12. »
Cependant, aux Etats Unis comme au Canada, on a démontré que l’acide folique venait en tête des déficiences en vitamines.
Des organismes très officiels luttent depuis plus de cinquante ans contre l’acide folique en limitant légalement son dosage à 0,8 mg. Cette quantité ne permet en général pas de réduire les augmentations d’homocystéine. Cela signifie qu’une personne assez saine pour prendre une dose de multivitamines quotidienne n’absorbera pas assez d’acide folique lui permettant de neutraliser les effets de l’homocystéine. Tout simplement parce que des lois l’interdisent ! La raison spécieuse avancée consiste à dire que de fortes doses d’acide folique pourraient masquer une déficience en vitamines B12. Le problème, si c’en est un, pourrait facilement être circonvenu en testant la déficience en vitamines B12 avant de commencer l’acide folique. J’ai vu arriver chez moi des centaines de gens prenant des vitamines tous les jours. Leur taux d’homocystéine était élevé. Ils n’ont pu être normalisés que par une prescription d’acide folique à fortes doses.
Dans la même rubrique
- Gomment traiter ces infections
- Chlamydia et maladies cardiaques
- Agents pathogènes furtifs
- Comment faire baisser naturellement vos taux de protéine réactive C
- Protéine réactive C : un nouvel indicateur des maladies cardiaques
- Comment trouver le dosage parfait
- Le Dr McGully et l’histoire de l’homocystéine
- Homocystéine l’ennemi caché du coeur
- L’analyse des triglycérides
- Triglycérides et indice glycémique

