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 Agents pathogènes furtifs

Beaucoup de chercheurs et de physiciens, parmi lesquels je me range, commencent à se rendre compte que l’inflammation se situe au cour de la genèse de l’athérosclérose. La présence de la protéine réactive C n’est que l’indicateur de l’existence d’une inflammation dans les vaisseaux sanguins. Mais quand il y a inflammation, il y a presque toujours infection. A partir du moment où les chercheurs ont établi le rapport avec la protéine réactive C, ils se sont dit que les patients en question devaient sans doute avoir une infection. Cela devint évident lorsqu’ils s’aperçurent que beaucoup d’entre eux s’en sortaient par les antibiotiques.

A partir de cette première observation, ils ont poussé plus avant leur recherche pour déterminer quels étaient l’agent ou les agents infectieux éventuels. Ils ont fini par déceler une poignée de suspects. Apparemment, les premiers coupables portent le nom de deux bactéries : Chlamydia pneumoniae et mycoplasme. La bactérie chlamydia a un rapport avec celle qui est sexuellement transmissible. De même, il semble évident que les virus appartenant à la famille herpès, particulièrement le cytomégalovirus (CMV), soient souvent désignés dans certains cas de maladie cardiaque.

On a nommé « furtifs » ces différents micro organismes, bactéries ou virus, parce qu’ils sont à la fois très communs et très difficiles à détecter. Ils nous empoisonnent sans produire les réponses ordinaires à l’infection, température ou augmentation de globules blancs. La seule façon de se rendre compte que l’on est infecté est de savoir que, désormais, on a des anticorps. Il semble que la moitié de la population soit touchée à un moment de sa vie par le Chlamydia pneumoniae. Le cytomégalovirus est sans doute encore plus banal. Vers trente cinq ans, la moitié de la population environ y a été exposée. Vers soixante ans, près de 60 à 70 % l’ont attrapé. Pour la plupart des gens, l’infection ne porte pas à conséquence. Mais, pour certains, les ravages insidieux que provoquent ces micro organismes ne se révéleront que bien des années après.

Un nombre croissant de chercheurs suggèrent que les agents pathogènes furtifs ne sont pas seulement à l’ori gine des maladies cardiaques mais aussi de maladies chroniques comme les diverses scléroses, l’arthrite rhumatismale, la fibromyalgie, la maladie d’Alzheimer et le syndrome de fatigue récurrente. Bientôt la connaissance en matière de prévention et de traitement des maladies chroniques sera une clé importante pour accroître la durée de nos vies.

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